[Concert] Maroc: Concert de Nass El Ghiwane, Lemchaheb et Jil Jilala au Mégarama

Click Agency organise un concert inédit et décoiffant qui réunira les trois figures emblématiques du mouvement El Ghiwane, et de la musique maghrébine.

La salle Mégarama de Casablanca, située au coeur de l'activité artistique nationale et internationale et qui a accueilli les plus grands noms de la musique mondiale, rendra hommage aux trois troupes marocaines légendaires, Nass El Ghiwane, Jil Jilala et Lemchaheb. Un grand moment qui les fera rencontrer avec un large public en état de grâce d'ores et déjà initié à leur mouvement.

Un spectacle qui s'inscrit dans le cadre de l'esprit multiculturalisme et de la richesse de la musique maghrébine. A commencer par la figure incontestable du mouvement El Ghiwane, 34 ans d'existence et de créations artistiques, plus de 26 albums, un disque d'or et des millions de disques vendus à travers le monde, entend enrichir son répertoire qui trouve encore un rayonnement artistique presque dans chaque foyer marocain en général, et casablancais en particulier.

Nass El Ghiwane qui ont entamé une tournée à l'occasion de la sortie de leur nouvel opus intitulé "Nahla Chama» composé de 11 nouvelles chansons inédites. Cette tournée a conduit la troupe au Mégarama de Casablanca, à celui de Marrakech, et les conduira après à l'Olympia à Paris, à l'Aéronef à Lille, en Belgique, et finalement à Barcelone.

Cette nouveauté est produite par «Platinium Music Company» qui leur a assuré une exceptionnelle campagne promotionnelle. Des titres comme «Ya Chellel», «Al Kiyama», «Assamt» ou encore «La Tsalouni Ala Ljrah» interprètent explicitement la bonne volonté de ces artistes voulant garder intacte la relation conviviale avec leur grand public.

Par ailleurs, dans tout temps, le monde des "Ghiwanes" et de nos jours encore, par le biais des rencontres plus ou moins fortuites, a toujours réuni les trois troupes avec leur public. La tradition de la taverne où l'on parle, boit et où souvent se crée un monde très particulier d'échange et de camaraderie n'a pas encore tout à fait disparu. C'est ainsi que, comme en de nombreuses occasions, jaillit la fête et parfois même l'euphorie. Le point commun entre les trois groupes, c'est que ce petit plus aussi intangible que réel avait, il y a trente ans, transformé une simple rencontre entre amis en une véritable oeuvre d'art intarissable qui ne peut jamais être éphémère. C'est pourquoi, à titre d'exemple, l'Américain Martin Scorsese avait qualifié Nass El Ghiwane de "Rolling Stones de l'Afrique". Car, la féline souplesse de leurs chants, ce que confirme la fantaisie poétique incomparable qui transcende à leur façon la cambrure rythmique de leur musique. C'est plutôt une tradition qui se perpétue et se distingue, à travers des instruments qui émerveillent, banjo, bendir, tam-tam, hajhouj et des chants qui se retiennent, se fredonnent, confessent, rient, pleurent, contestent et louangent.

La popularité de ces groupes à travers le monde doit largement s'appliquer par cette rare qualité qui continue à faire vivre leurs fans dans et dehors le temps, dans le présent le plus pur sans avoir eu besoin de renier son passé, ni de s'inquiéter de son avenir. Certes, le public, plus nombreux d'une année à l'autre, s'y désaltère avec eux, connaît cette source et sait bien que cette image n'est pas si loin de la réalité.

Rendez-vous donc le 12 juillet prochain au Mégarama de la métropole, où chacun peut puiser dans cette soirée toute l'énergie qu'il peut apporter à ces groupes légendaires.

Ayoub Akil
Libération
Publié sur le web le 29 Juin 2007

[Interview] L'Ghiwane: ''Nous voulions changer le monde, mais le monde nous a changés''


Nass El Ghiwane poursuivent leur traversée des âges. Le groupe marocain le plus adulé nous revient avec un nouvel album, « Nehla Chama », et une tournée qui passera par l'Olympia. Rencontre avec Omar Sayed, légende vivante de cette formation hors-norme.




Pourquoi « Nehla Chama »?
« Nehla Chama » est tiré d'un poème, « L'abeille », de Thaami El Mdaghri trouvé dans un ouvrage de Mohamed Al Fassi qui s'intéresse beaucoup au patrimoine littéraire marocain. Ce poème m'a aussi interpellé parce qu'il se trouve que, près de chez moi, Derb Moulay Chrif, il existe une fontaine qui se nomme Chama et qui est un lieu de mémoire, lié à la résistance durant l'indépendance.
Nehla Chama raconte l'histoire d'une reine des abeilles qui se présente chez un Sultan pour lui souffler que les informations rapportées par les ministres, selon lesquelles tout va bien dans le pays, sont un mensonge. Elle lui apprend que rien ne va dans le pays, contrairement au royaume des abeilles où chaque ministre accomplit sa tâche. Ce conte revête en fait la forme d'une critique politique.


Le mythe l'Ghiwane n'est pas parfois lourd à porter ?


L'Ghiwane n'est pas un mythe. Nous sommes un simple produit de la société marocaine. L'Ghiwane n'ont fait que chanter ce que l'ils ressentaient. Jamais on a imaginé qu'un jour on nous présenterai comme un mythe ou une légende. L'Ghiwane c'est avant tout une histoire de ouled derb, une histoire d'amis qui habitaient derb Moulay Chrif à Hay Mohammédi et qui ont vécu, eux et leurs parents, venus de régions diverses, une


certaine forme de marginalisation durant et après l'indépendance. Nass Ghiwane n'ont fait que se nourrir d'un vécu qui transparaissait notamment dans les Hlaki que nous fréquentions.


Que réponds-tu au gens qui disent que l'Ghiwane c'est du passé ?
Ils ont raison. Mais tu sais, on annonce la fin des Ghiwane depuis qu'ils ont commencé…


Mais alors, dans quelle perspective inscrire ce nouvel album ?
Il faut le voir comme une nouvelle étape. Hamid et Rachid Batma ont apporté un nouveau souffle à la formation. Malgré mes idées et tout ce que j'incarne, jamais le groupe n'aurait pu être relancé sans eux.


Qu'est ce qui a changé dans l'esprit l'Ghiwane ?
Notre histoire, à Boujmiî, Larbi Batama et moi, me rappelle l'histoire des trois principaux personnages du film italien, « Nous nous sommes tant aimés », d'Ettore Scola, qui raconte l'histoire de trois amis qui ont voulu changer le monde mais qui se rendent compte, quarante ans plus tard, que c'est le monde qui les a changés. C'est ce que je ressens : nous voulions changer le monde, mais le monde nous a changés.


Qu'est ce que tu penses de la scène alternative marocaine pour qui l'Ghiwane est un modèle dont elle s'inspire ?
Je vois ces jeunes comme les héritiers de Nass El Ghiwane. Leur travail et leur message s'inscrivent dans la continuité de celui de L'Ghiwane. Ils peuvent d'ailleurs me considérer comme leur « parrain ». Ceci dit, il faut leur offrir plus d'espace d'expression et ce, quels que soient leur genre musical ou leur langue: rap, français, darija, amazigh…


Crois-tu en un nouveau l'Ghiwane au Maroc ?
Pourquoi pas. Le Maroc est riche, combien d'artistes existent, mais sont inconnus et le seront peut être pour toujours…


Des projets ?
Jamais les Ghiwane n'ont tracé de plan préétabli, on s'est toujours laisser guider au gré des tournées, des enregistrements… sans véritablement avoir de projet précis. Ceci étant, j'espère un jour voir aboutir un projet qui me tient à cœur, l'histoire des Ghiwane contée par Martin Scorsese.


DATES DE LA TOURNEE:
Le 30 mars à Casa (Mégarama) ; le 7 avril à Marrakach (Mégarama) ; le 18 mai à Paris (Olympia) ; en mai 2007 à Lille, Bruxelles et Barcelone .

Propos recueillis par Saïd Raïssi (Menara.ma)


[Dans la presse] Grande tournée de Nass El Ghiwane





Nass El Ghiwane ont toujours le vent en poupeLe groupe Nass El Ghiwane entamera, le 30 mars à Casablanca, une tournée nationale et internationale pour la promotion de son nouvel album «Ennahla Chama».


Décidément, 2007 s'annonce de bon augure pour le groupe Nass El Ghiwane. Après la sortie récente de son nouvel album « Ennahla Chama », un véritable coffret ghiwani, composé de 11 nouvelles chansons inédites, le groupe entamera, fin mars au Mégarama de Casablanca, une tournée qui le conduira à Marrakech (7 avril), puis dans différentes villes d'Europe à partir de la deuxième moitié du mois de mai : Paris, Lille, Bruxelles et Barcelone. Cette tournée offre à Nass El Ghiwane l'occasion de renouer avec leurs fans, toujours nombreux au Maroc comme en Europe, et présenter leur dernier opus «Ennahla Chama » qui s'ajoute à leur impressionnant répertoire (77 chansons, 25 albums, 5 disques d'or). Omar Sayed, qui avec les regrettés Boujmii et Larbi Batma, a fait la grande histoire de ce groupe mythique (37 ans au-devant de la scène), poursuit l'épopée ghiwanie avec une formation jeune et dynamique constituée de deux frères du défunt Larbi, en l'occurrence Rachid et Hamid Batma, sans oublier le vieux compagnon de route Allal Yaâla.
Le groupe, il est vrai, s'est contenté il y a quelque temps de chanter le vieux répertoire ghiwani, à tel point que certains se sont demandés si les héritiers des défunts Boujmii et Larbi étaient capables de créer leurs propres chansons. Mais voilà, après «Hawd Ennaânaa» (Le verger de la menthe), les amis d'Omar Sayed ont récidivé et sorti un nouvel album qui promet de faire beaucoup parler de lui. On y trouve une touche gnaouie, voire du gnaoui blues (Nahnou), ou chaâbi «Ya chellal», «La Tsalouni ala lajrah», ou encore du melhoun «Ennahla Chama», chanson qui prête son titre à l'album en entier. C'est la preuve de l'immortalité de l'esprit ghiwani, qui a pris sa source dans les détours empierrés des «carrières centrales», rebaptisées Hay Mohammadi. C'est dans ce quartier que la graine ghiwanie a vu le jour, poussée puis explosée pour «jaillir» sur le monde entier. En 1973, le groupe remporte son premier disque d'or et enchaîne les tournées dans le monde arabe et en Europe.
La presse internationale a réservé aux membres de ce groupe un accueil dû aux grandes célébrités de la musique, les comparant tantôt aux «Beatles casablancais», tantôt aux «Rolling Stones de l'Afrique».
L'accueil qui leur a été consacré au Maroc n'a rien à envier à celui que le groupe a trouvé de l'autre côté de la Méditerranée, ou dans les pays arabes. Phénomène artistique, le groupe a su également se constituer en porte-voix des revendications sociales, politiques et culturelles d'un pays qui aspire à la liberté, à la démocratie et au progrès.
Les chansons de Nass El Ghiwane, surnommés également «les hommes aux cheveux en l'air», continuent d'être fredonnées avec la même force et la même passion. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si les amis d'Omar Sayed continuent d'occuper le haut de l'affiche, à travers le territoire national ou encore au-delà des frontières, où ils sont sollicités notamment par la communauté marocaine résidant à l'étranger. Cette nouvelle tournée se présente sous un bon signe, d'autant plus qu'elle propose les dernières nouveautés d'un groupe qui a toujours le vent en poupe. Le charme ghiwani est inaltérable, autant que ses immortelles chansons, qui continuent d'occuper les foyers et les cœurs de millions de Marocains et de non-Marocains.

M'Hamed Hamrouch (Aujourd'hui Le Maroc)